
Né le : 17
décembre 1977
à : Aix-en-Provence, France
Taille : 1m72
Caractéristiques : droitier, revers à 2 mains
Entraineur : Arnaud est actuellement sans entraineur
Pro depuis : 1996
Meilleur classement : N°10, en 2001
Titres : 4 en simple, 12 en double
Club : Country Club Aixois
Classement ATP
au 15/06/2009
N°49
Contact Blog carine.capecchi@orange.fr
Arnaud Clément va de défaite en défaite. Après celle d’hier contre Del Potro, il a accepté d’aller au fond des choses. Il faisait soleil quand Arnaud Clément a quitté le court n°4, battu d’entrée 6-3, 6-1 par l’Argentin Del Potro. Son match ? Pauvre. Sa saison Pauvre, elle aussi. Il faisait presque nuit et il pleuvait quand Clément réapparut après deux heures quarante de débriefing à huis clos avec son frère et coach dans le vestiaire. Aimable, il accepta de se lancer dans une introspection pas évidente. Celle d’un joueur de trente ans désormais 90e mondial, qui n’était plus descendu aussi bas depuis août 2005. Un joueur qui ne gagne plus.
Vous êtes aujourd’hui 90e mondial. Vous n’avez gagné qu’un match lors de vos dix derniers tournois (contre Fish à Miami).
Que se passe-t-il ?
Je manque de régularité, je manque de matches, c’est aussi bête que ça. Avant, une de mes grosses qualités, c’était que, quand
je jouais très mal, j’arrivais très souvent à retourner le truc, à me rebeller. Là, Del Potro, je lui donne le machin. En ce moment, c’est ça : les jeux un peu accrochés, je les perds tous. Ça me
manque terriblement, ces moments où il faut serrer le jeu, ces moments à 4-4 où le mec veut te breaker, où il va te faire travailler. C’est trop bon, ça… Il n’y a plus ces moments de tension dans
mes matches. Finalement, perdre, ce n’est pas la fin du monde. En revanche, perdre sans sentir ça, c’est juste chiant.
On pensait que la victoire épique en double en Coupe Davis contre les Bryan allait vous rebooster. Et puis vous perdez
d’entrée en qualifications à Monte- Carlo et d’entrée à Munich…
Le double m’a fait un bien fou, mais j’étais conscient que c’était du double, avec des conditions parfaites pour moi : indoor
et ultra rapide. Je savais qu’en simple d’autres facteurs entreraient en compte, puisque la terre battue n’est pas l’endroit où je suis le plus à l’aise. Autant, en 2006, la Coupe Davis à Halle
contre l’Allemagne m’avait regonflé, autant là, c’est différent.
Justement, peut-on comparer ces deux périodes : celle d’aujourd’hui et celle de 2005 quand vous étiez descendu très bas
(137e en février) ?
Non, ce n’est pas comparable. En 2005, un peu aussi en fin d’année dernière, l’envie n’était plus là. Aujourd’hui, j’ai
l’envie. Aujourd’hui, si je fais un bon match, je ne serais pas étonné. Avant Halle, j’en doutais.
Mais vous sentez-vous dans le trou ?
Je serais dans le trou si je n’avais plus envie. Donc, non. Pour moi, être dans le trou, ce n’est pas une question de niveau
de jeu. C’est quand tu te lèves le matin et que tu ne veux pas aller t’entraîner, c’est quand le match arrive et que tu n’es pas heureux d’y aller. Contre Del Potro, j’étais content d’entrer sur
le court, j’avais envie de courir, d’aller au combat. Le problème, c’est que je n’arrive plus à amener mes matches là-dedans. Je ne demande que ça, de courir à droite et à gauche pendant des
heures. Mais voilà, aujourd’hui, j’ai dû transpirer deux gouttes. Y avait pas de fatigue et je déteste ça.
Est-ce que perdre vous fait aussi mal qu’avant ?
Si je fais une moyenne, je dirais un peu moins aujourd’hui mais pas beaucoup. Avec l’expérience, on
relativise plus souvent. Mais, justement, je devrais peut-être plus gueuler sur le terrain. Je suis peut-être trop en contrôle. Parfois, la spontanéité de certaines conneries, c’est bien
aussi.
N’êtes-vous pas tenté de faire une croix sur cette terre battue qui vous est peu propice et d’attendre que revienne le
gazon ?
Mais non ! Je ne peux pas me permettre de dire ça. Je suis 90e et, si je ne fais pas attention, je peux me retrouver 150e ou
200e. Il y a des échéances qui vont arriver vite. (Il doit défendre une demi-finale au Queen’s et une finale à
Nottingham.)
Comment vivez-vous les critiques qui peuvent être celles faites aussi à Mauresmo, à Grosjean, à ceux de cette génération
qui, quelque part, déclinent ?
Je ne les connais pas. Qu’est-ce qu’on dit de moi ?
Parfois, on dit que vous êtes fini. Que vous ne gagnerez plus de tournoi.
Écoutez, si demain je suis 250e mais que je suis heureux de jouer, tout ira bien. Quand, en 2005, j’ai dû passer
par les Challengers, par les qualifs partout, j’étais super fier de moi. J’ai aimé cette période ! J’étais face à un problème dur à résoudre et j’y ai pris de la force. Quand j’ai gagné à
Marseille après, tout était parti de là. Même aujourd’hui, je me dis : “Putain, elle est belle cette vie !” Je l’adore comme au premier jour. Je suis même plus heureux que
certains gars qui sont 20e ou 30e mondial. Alors, si les gens pensent que je suis nul, que je ne suis qu’un joueur de double, ça ne m’atteint pas. Ça m’atteindra le jour où je
serai d’accord avec eux.
Qu’est-ce que vous cherchez plus que tout aujourd’hui ?
Je cherche les grands moments d’extase. L’an dernier, gagner Wimbledon en double avec Mika (Llodra), c’était “monstrueux”. O.K., je finis l’année
70e mondial en simple, mais j’ai eu ça ! C’est pour ça que les Jeux Olympiques me font déjà un peu peur. Ça fait deux ans qu’on y pense avec Mika et je n’aimerais pas qu’on
passe à côté d’une médaille.»
Frédéric Bernès, L'Equipe du 29/04/08
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