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Né le :
17 décembre 1977

à :
Aix-en-Provence, France

Taille : 1m72

Caractéristiques : droitier, revers à 2 mains

Entraineur : Arnaud est actuellement sans entraineur

Pro depuis : 1996

Meilleur classement : N°10, en 2001

Titres : 4 en simple, 12 en double

Club : Country Club Aixois




Classement ATP
au 15/06/2009
N°49

   



Contact Blog carine.capecchi@orange.fr

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Mercredi 2 juillet 2008

Comment expliquer rationnellement que quelqu’un qui n’avait gagné qu’un match sur le circuit principal cette saison se retrouve en quarts de finale à Wimbledon ? Il y a eu un déclic, un truc magique ?
Non, je ne crois pas. C’est plein de petits trucs mis bout à bout. C’est avoir fait un bon tie- break dans le deuxième set contre Björkman au premier tour, c’est avoir grappillé de la  confiance tour après tour grâce à un bon tableau. C’est avoir de la réussite, aussi. À un moment donné, c’est fou d’avoir cette impression que quand rien ne va tout s’acharne contre soi. J’étais sorti de plein de matches en me disant : “ Lemec, il a eu un bol de dingue ou quoi ? ” Je manquais de lucidité. Par contre, sur ce tournoi, j’ai le sentiment d’avoir eu beaucoup plus de réussite que mes adversaires. Est-ce que c’est parce que j’ai plus de confiance, ou juste le hasard ?  

Pouvez-vous tout simplement nous décrire votre état d’esprit ?
J’étais beaucoup plus excité hier soir (lundi) que les autres jours. À un moment dans le  tournoi, j’avais vu cette possibilité d’ouverture pour aller loin. L’avoir saisie m’a rendu un poil trop excité hier soir. J’ai essayé de contrôler ça.

À quel moment aviez-vous vu que le tableau s’ouvrait ?
J’en ai entendu parler au deuxième tour. Moi, j’étais déjà content d’avoir gagné ce premier match contre Björkman. Ça faisait un moment que ce n’était pas bon en Grand Chelem, avec deux premiers tours cette année en jouant de manière, disons, assez peu convaincante. (rire.) Après, je ne voulais pas m’enflammer. Mais, quand on m’en a parlé, j’ai jeté un petit coup d’œil au tableau. Et j’ai vu qu’il y avait de vraies chances…

Vous pensiez revivre ce genre de moments ?
Non. Dans l’état dans lequel j’étais récemment, je ne le pensais pas. Je croyais plutôt  éventuellement revenir petit à petit, grappiller peu à peu de la confiance. Le but était de me sortir de cette espèce de truc négatif. On ne sait jamais, quand on commence à avoir trente,
trente et un ans, on ne sait pas quand ça va s’arrêter, si une blessure ne va pas brutalement mettre fin à la carrière. Je n’avais pas envie de terminer sur une note comme ça.

Vous en étiez à penser à la fin ?
Non, je n’en étais pas encore dans cette phase-là de réflexion. Tant que je me sens  physiquement à un bon niveau, le tennis peut suivre. Et je me sentais bien physiquement.

Mais avant Wimbledon, vous parliez de vouloir retrouver un niveau décent. Qu’est-ce qui se passait dans votre tête à ce moment-là ?
On a beau se dire que ça fait onze ans qu’on joue en pro, on a beau prendre du recul en se disant qu’on a fait de belles choses, que même si ça se terminait aujourd’hui, on serait
fier, c’est extrêmement déstabilisant d’être complètement perdu, de ne plus savoir jouer au tennis du tout…

Comment en étiez-vous arrivé là ?
La saison dernière a été très éprouvante, car je n’ai pu prendre que très peu de repos. La finale en double à Wimbledon avait empiété sur mon repos estival. Après, il y avait eu le Masters en double avec Micka (Llodra). Cela avait repoussé les vacances et ma préparation foncière
avait été plus courte. Après, il y a eu le pépin au pied en janvier, quand j’aurais dû mettre la gomme. Cette blessure m’a vraiment handicapé.

Quand avez-vous commencé à sortir du tunnel ?
Au moment de Miami (mars), où j’ai battu Fish, qui venait d’atteindre la finale d’Indian Wells. La victoire dans le double en Coupe Davis contre les Bryan a aussi fait du bien.
Ça m’a permis de me raccrocher à quelque chose. Il n’y avait pas que du nul dans ma saison… Mais là où j’ai commencé à me sentir vraiment bien, c’est au moment de la saison
sur terre battue, où je gagne généralement peu. Mauvais timing !

Avec, en cruel point d’orgue, le très mauvais match contre Gaël Monfils à Roland-Garros (défaite 7-5, 6-3, 6-1)…
Pourtant, j’étais extrêmement motivé pour Roland. Je m’étais préparé de la meilleure manière possible à passer des heures et des heures à glisser. Et ce match de Roland m’a fait du mal. Pour moi, c’est l’un des pires de ma carrière. Passer à côté comme ça sur le Central, pfff, ça m’amis un coup derrière la tête. Tout ça pour ça… Et en fait, non ! Ce n’était pas tant d’efforts pour rien. Car le travail paie aujourd’hui.

Où situez-vous ce moment particulier au sein de votre carrière ?
 Je vous le dirai à la fin de mon tournoi. Sans parler de la finale à Melbourne, j’ai déjà fait des matches bien plus chauds sur le central plein de l’US Open, par exemple. Là, j’ai joué sur des petits courts. Il y avait des petites ambiances sympa et c’était très calme. Mais c’est bien ! Le fait de ne pas avoir eu de victoire prestigieuse, ça m’aide à rester concentré. Je n’ai pas eu tendance à m’enflammer. Là, je suis tout simplement tranquille. C’est peut-être mon
dernier quart de finale, la dernière chance de rejouer une  demi-finale et
putain ! j’ai envie de saisir ma chance.

Et contre Schüttler, drôle d’affiche, quand même…
Même ceux qui parient ne pouvaient envisager ça… Contre lui, je n’ai pas de plan préétabli. On est un peu dans la même filière. Il est plus puissant que moi, il se déplace très bien, mais on a chacun des failles par-ci par-là. Avec tout ce que j’avais vécu en Coupe Davis et dans ma carrière individuelle, je doutais de revivre ce que je revis aujourd’hui. Et je voudrais juste que l’aventure se prolonge encore un tout petit peu… »


Par Carine - Publié dans : Interviews, articles de presse
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