Vendredi 26 décembre 2008
Article du journal Sud-Ouest, publié le 20 décembre 2008
"Mika"! Tu me coacheras aux changements de côté ? » Au bord du court, pendant le match Simon - Ouanna, Arnaud Clément plaisante juste
avant son duel avec son complice Michaël Llodra. Les deux hommes ne se quittent plus et forment depuis maintenant quatre ans une fameuse paire de double.
Arnaud le Méditerranéen et Michaël le Parisien se sont aperçus pour la première fois en 1992, en Normandie. Arnaud Clément, 15 ans, se souvient très bien de Michaël Llodra, de trois ans son cadet,
« un petit enfant gâté ». Sur le court, « j'avais gagné », sourit Clément. « Mais je l'ai battu trois ans plus tard, en perf' », réplique Llodra. Seize années ont passé, leurs rencontres
successives sur le court se sont transformées petit à petit en une « relation humaine » (Llodra). « Nous avons appris à nous connaître et nous nous sommes rapprochés sans qu'il y ait forcément de
déclic. On s'est toujours bien entendu, d'ailleurs », se rappelle Arnaud Clément.
Six titres
Plus précis, son partenaire situe le début de ce beau roman d'amitié à 2001 : « Grâce à la belle aventure en Coupe Davis (NDRL, la France gagne la finale en Australie). Nous nous sommes ouverts ».
En 2004, Clément prend le relais de Fabrice Santoro dans le rôle du super-passeur aux côtés de Llodra, joueur pur de double. « Évidemment, cela a encore plus resserré nos liens » souligne Llodra.
La paire gagnera notamment un tournoi du Grand Chelem, Wimbledon, en 2007, le graal de six titres conquis ensemble (Metz deux fois, Marseille, Bercy et Saint-Pétersbourg).
Au fil des rencontres sur le court, une réelle complicité est née en dehors : « Il n'y a qu'avec Arnaud que j'ai cette relation même si j'ai de très bons copains dans le tennis », avoue Llodra.
Pour preuve : « Comme on est très généreux tous les deux, on s'offre des cadeaux quand on en a envie. Quand je vois des fringues, je lui achète. À sa taille, bien sûr ! » raconte, hilare, le plus
grand des deux (1,90 m contre 1, 72m) ». « Je suis aussi son sommelier attitré », ajoute encore Michaël Llodra, amateur de bonnes bouteilles comme son ami.
Clément avec Gicquel
Chacun porte évidemment un oeil avisé sur la carrière de l'autre. « Arnaud a encore de belles années devant lui et je souhaite que ses ennuis physiques soient derrière lui » espère Llodra. Arnaud
Clément est intarissable sur l'avenir de son cadet parisien : « Il m'a l'air très motivé et il peut aller encore plus haut. Il a une telle qualité de jeu qu'il peut battre, selon moi, n'importe
quel joueur. Il faut juste qu'il soit plus régulier sur une saison. Depuis deux ans, il s'entraîne beaucoup mieux ».
En effet, Llodra, l'homme du double, a décidé de faire l'impasse à l'Open d'Australie pour mieux se concentrer sur le simple. « Je l'ai déjà gagné deux fois (NDRL, en 2003, 2004 avec Santoro) ».
Orphelin, Clément s'alignera donc avec un autre copain, Marc Gicquel. Une pause pour mieux se retrouver plus tard dans la saison...