Arnaud, Marcel, Maurice CLEMENT est né le 17 décembre 1977 à Aix-en-Provence.
Au tennis, Arnaud s'y met un peu par hasard. Sa maman joue régulièrement sur les courts de La Guiotière, le petit club de Puyricard. Arnaud est âgé de 7ans lorsque avec Bruno, son aîné de 18 mois, ils touchent leurs premières raquettes et débutent, avec Pierre Roure, leurs premières leçons. Très vite, leurs parents les inscrivent au Country Club Aixois où ils vont ensemble prendre goût à ce sport.
Arnaud acquiert rapidement un bon niveau, il a la chance d'avoir une maman très disponible qui le suit partout et le tennis est devenu l'activité qui l'intéresse par
dessus tout...Mais l'idée de tenter une carrière dans ce sport ne l'effleure même pas. D'ailleurs, à son club, notamment à cause de sa petite taille, personne ne pense qu'il pourra
en faire un jour son métier.
Pour s'imposer à haut niveau, il ne suivra donc pas le cursus habituel, à
savoir, le parcours fédéral. Il n'est pas question qu'Arnaud arrête ses études! Il mène donc en parallèle école et entraînements jusqu'à l'obtention de son bac S,
en 1995, au lycée Paul Cézanne.
Arnaud, dans sa chambre, en pleine révision de son bac.
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Arnaud a
désormais 17ans, il s'entraîne au Cercle Sportif Municipal de Marseille avec Trevor Allan et est classé 0. A part le tennis, rien ne l'intéresse vraiment... Encouragé
par sa maman, il décide alors de tenter sa chance sur le circuit, sans pour autant que ce ne soit une décision irrévocable : « Au départ, c'était un an. Si ça ne marchait pas
bien, j'aurais très bien pu reprendre l'école » dira-t-il un peu plus tard. Il termine l'année -15 après avoir remporté une étape du circuit satellite à La Roche-sur-Yon en battant Stéphane
Huet, n°25 français et disputé une demi-finale au Masters du circuit. Alors que personne ne l'avait jamais repéré, la ligue de Provence commence à s'intéresser à lui. On lui propose, tout en
continuant à s'entraîner avec Trevor Allan, de travailler épisodiquement avec Bernard Fritz, alors entraîneur de Sébastien Grosjean. Les deux jeunes joueurs s'étaient déjà affrontés en
catégorie Benjamin au Tennis Club de l'Arbois (victoire de Sébastien 6/4 - 6/3) mais ils ne se connaissent pas plus que ça. Les débuts de leur collaboration
sont d'ailleurs assez difficiles. Ils ne sont tout simplement pas "potes"! Cependant, Arnaud va beaucoup apprendre aux côtés de Sébastien, qui est, à cette époque, à un niveau
au dessus du sien.
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En 1996, il fait ses débuts sur le circuit ATP. En novembre, au tournoi de l'île le da Réunion, face à Mark PATCHEY, il décroche sa
première victoire sur le score de 6/3-6/2. Il termine la saison à la 341ème place mondiale et au 33ème rang des joueurs français. Désormais, il travaille à temps
plein auprès de Bernard et Sébastien avec qui sa relation s'améliore peu à
peu.
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L'année suivante, en 1997, son jeu s'affirme : il atteint la finale
à la Réunion, le troisième tour à Wimbledon, les huitièmes de finale à Toulouse et enfin, il crée la surprise en battant Patrick RAFTER, à l'époque n°3 mondial, au premier tour du Grand
Prix de Lyon. A la fin de l'année, il entre dans le top des 100 premiers mondiaux et se dit qu'il peut donc faire carrière dans le tennis.
Mais Arnaud Clément, c'est aussi et avant tout un look : court sur pattes, ses bandanas multicolores autour du front « pour éviter les gouttes de transpiration qui coulent » et ses lunettes insolites, proches des formes utilisées dans le ski, qui sont en fait des lunettes de vues « spécialement conçues pour le tennis, légères et qui tiennent bien » le caractérisent aisément. Par ailleurs, dans un article de l'Humanité datant d'octobre 1997, il se décrit comme « un mec cool », qui ne se « prend pas la tête » et qui écoute « toute la journée Céline Dion ». De toute façon, « en dehors du tennis, prévient-il, je me suis rarement intéressé à autre chose ». Une personnalité originale qui ne peut que susciter l'admiration et l'attachement du public à son égard. Apparaissent ainsi les premières sollicitations médiatiques.
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En 1998, Arnaud et Sébastien changent d'entraîneur et
montent alors sur Paris afin de bénéficier des services d'Eric Deblicker. L'aixois atteint sa première demi-finale à
Moscou.
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L'année suivante, en 1999, son palmarès commence à prendre forme. Finaliste à l'Open 13 de Marseille où
il s'incline face à son compatriote Fabrice Santoro et quart de finaliste à l'US Open, il enregistre des victoires face à de bons joueurs du moments tels que Nicolas Kiefer ou André Agassi.
A la fin de la saison, il occupe la 56ème place mondiale.
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En 2000, Sébastien
manifeste le désir de prendre un entraîneur particulier. Arnaud décide alors de demander à Philippe Rosant, qu'il connaît depuis quelques années, de l'accompagner sur la tournée d'été
amécaine. Une nouvelle façon de travailler qui semble bien lui convenir puisque, cette année là, Arnaud remporte le Grand Prix de Lyon et inscrit ainsi son 1er titre en simple à son palmarès. De
plus, il atteint les demi-finales à Los Angeles, Cincinnati et Long Island ainsi que les quart de finales à l'US Open. Ceci lui permet de terminer l'année à la 18ème place mondiale.
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2001 marque, pour
ainsi dire, l'apogée de la carrière d'Arnaud. Dès le début de la saison, il accomplit un exploit en atteignant la finale de l'Open d'Australie aux dépends de celui qui est devenu depuis son
meilleur ami sur le circuit, Sébastien Grosjean : une demi-finale remportée 5/7, 2/6, 7/6, 7/5, 6/2, non sans avoir sauvé 2 balles de match. Il s'incline ensuite face au légendaire
André Agassi sur le score de 6/4, 6/2, 6/2. De ce tournoi du Grand Chelem, outre sa relation amicale étonnante avec Sébastien dans un milieu si individualiste, on retiendra d'Arnaud son
strip-tease amorcé sur le court après sa victoire en 1/4 de finale face à Kafelnikov ainsi que, lors de la remise des prix, son mémorable discours rédigé dans un anglais très
approximatif sur deux morceaux de papier.
Le 2 avril, il atteint le meilleur
classement de sa carrière en entrant dans le top 10 : il est n°10 mondial!
A Roland Garros, on lui décerne le Prix Orange (prix attribué au joueur le plus fairplay du circuit international, le plus disponible et le plus chaleureux avec la presse et le public).
En septembre, il se sépare de Philippe Rosant pour collaborer avec Rémy Barbarin.
En 2002, il est finaliste à 's-Hertogenbosch, demi finaliste à Lyon et finaliste avec l'équipe de France de Coupe Davis. A la fin de la saison, il est n°38 mondial. A noter qu'Arnaud devient le parrain de Tom, le fils de Sébastien né au mois de juillet.
2003 sera également une bonne saison pour Arnaud. Cependant, à cause d'une blessure au poignet datant de la fin de l'année précédente, il entame sa saison seulement au moins de mars. Pour la petite anecdote, Arnaud, ne supportant plus de ne plus pouvoir jouer, a demandé à la FFT une nouvelle licence en tant que...GAUCHER! Inscrit au tournoi de Gap, il y a passé deux tours (victoire à 30/1 et 30) avant de déclarer forfait pour reprendre l'entraînement (de la main droite cette fois!). Par la suite, il est finaliste à Lyon et 's-Hertogenbosch et inscrit à son palmarès le 2ème titre de sa carrière en remportant le tournoi de Metz. Lorsque l'année s'achève, il occupe la 31ème place mondiale.
Au mois d'Avril de cette année là paraît le livre Passing-Potes édité chez Mango, une autobiographie co-écrite avec son ami Sébastien Grosjean. Ensemble, ils reviennent sur leurs débuts dans le
tennis, leurs parcours et racontent leur histoire d'amitié qui semble si invraisemblable dans ce milieu réputé individualiste. De nombreuses anecdotes et de magnifiques
photos...un petit chef d'oeuvre à lire absolument!
2004 et 2005 vont rimer avec période difficile pour Arnaud. Perte de confiance et un peu de démotivation peut-être le font chuter hors top 100 et inscrire seulement 1 demi-finale à son palmarès, à Marseille, en 2004. Mais début 2005, il décide de mettre un terme à son travail avec Rémy Barbarin et tente une collaboration avec son propre frère, Bruno Clément, alors professeur de tennis au Country Club Aixois et classé 2/6. D'après Arnaud, Bruno pourrait être mieux classé. Ils ont des jeux très différents puisque Bruno pratique le service volée, a un revers à une main et joue beaucoup en toucher, amorti lob, "avec pas mal de talent". Ainsi, Arnaud termine l'année à la 69ème place mondiale.
Arnaud, Bruno et leurs parents.
Heureusement, sa saison 2006
lui fait retrouver le sourire! Dès le début de l'année, un litige avec Fabrice Santoro lui permet d'obtenir une titularisation pour le 1er tour de la Coupe Davis face à l'Allemagne. Et il brille
en remportant, aux côtés de Michaël Llodra, le double de la victoire! La semaine suivante, il réalise une folle semaine à Marseille où, après avoir éliminé son compatriote Richard Gasquet, il
élimine le n°2 mondial, Rafael Nadal, pour atteindre la finale qu'il remportera face à Mario Ancic! Eh oui, devant tous ses proches, Arnaud renaît en remportant SON tournoi
: l'Open 13! Une blessure aux isquio-jambiers freine sa lancée et l'empêche, pour la première fois de sa carrière, de participer à Roland Garros. Mais Arnaud n'a pas dit son
dernier mot! En août, il fait un nouveau coup d'éclat et remporte le 4ème titre de sa carrière en s'imposant à Washinton avec, à noter, des victoires sur Lleyton Hewitt, Marat Safin et
Andy Murray. Il terminera l'année sur une bonne note en remportant, auprès de son pote Michaël Llodra, le Masters Series de Bercy. Cette saison lui permet de réintégrer le top 50 : Arnaud
occupe désormais la 42ème place mondiale. Il conclura en souhaitant faire une saison plus complète; en effet, on a pu relever tout de même un peu d'irrégularité dans ses résultats, avec
notamment, peu de bonnes performances dans les Grands Chelem et les Masters Series.
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2007, c'est comme au bon vieux temps! Arnaud partage ses entraînements avec Sébastien Grosjean qui bénéficie lui aussi des services de Bruno Clément.
Bonne ou mauvaise idée ? On ne serait trop dire. En tous cas, la saison d’Arnaud en simple a été nettement moins brillante que l’année
précédente. Malgré une belle saison sur gazon avec notamment une demi-finale au Queen’s et une finale la semaine suivante à Nottingham, il n’a réalisé aucune performance dans les grands tournois.
Et Sébastien non plus... C’est pourquoi, au mois de juillet, ce dernier a décidé de mettre un terme à sa collaboration avec Bruno. «J’ai besoin d’avoir quelqu’un à mes côtés à plein
temps. » déclarait-il sur son site officiel. En double cependant, aux côtés de Michaël Llodra, Arnaud a réalisé la plus belle saison de sa carrière. Vainqueur chez lui à Marseille ainsi qu’à
Metz, il a surtout été sacré à Wimbledon, ce qui lui a permis, pour la première fois de sa carrière, de participer à la Masters Cup de Shangaï où il n’a malheureusement pas dépassé le stade des
poules. En ce qui concerne la Coupe Davis, petit coup dur cette année pour notre français. Lors du deuxième tour face à la Russie, alors qu’il avait été sélectionné pour disputer le double, Guy
Forget a finalement préféré Sébastien Grosjean qui, pouvant également être aligné en simple, se présentait comme le joueur "jocker"! Au bilan, une saison mitigée pour Arnaud qui se solde par sa
sortie du top 50 en simple puisqu’il termine l’année à la 54ème place mondiale.
En 2008, Arnaud, handicapé par des blessures récurrentes (blessure au pied en début de saison, pubalgie
après l'US Open), connaît de nouveau une saison difficile. En simple, excepté son parcours exceptionnel à Wimbledon où il atteint les quarts de finale, il est souvent défait au premier ou au
deuxième tour. Il termine ainsi l’année à la 95ème place mondiale. En double, il réalise une saison honorable en atteignant la finale à l’Open d’Australie, le dernier carré au Masters
Series de Paris-Bercy et en remportant le titre de Metz mais, en n’obtenant avec Michaël Llodra « que » la quatrième place aux Jeux Olympiques de Pékin, il a le sentiment d’avoir raté
quelque chose, et c’est pour lui l’une des plus grandes déceptions de sa carrière. En aout, il annonce la fin de sa collaboration avec son frère : "on s'est dit qu'on avait fait notre gros
bout de chemin ensemble, qu'on était heureux d'avoir travaillé ensemble, d'avoir vécu ça, entre frères c'est exceptionnel, on a vécu des choses exceptionnelles" expliquera-t-il dans une
interview. Il terminera officielement l'année sans entraineur, ce qui n'empêchera pas Bruno de continuer à le suivre sur certains tournois. L'envie de jouer est toujours là et Arnaud compte bien faire une meilleure saison l'année prochaine!
Biographie rédigée par Carine CAPECCHI (carine.capecchi@orange.fr),
à l'aide du livre Passing-Potes, du site officiel de l'ATP et
de l'article du Web de l'Humanité en date du 30 octobre 1997.
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